Robert Wyatt

Rock Bottom

  • localisation dans la discothèque : W
  • prise de son : bonne qualité
  • livret : textes, origine de l’oeuvre

Le commentaire de “la possibilité du son”

1973. Robert Wyatt (Soft Machine, Matching Mole) chute du 4ème étage d’un immeuble londonien lors d’une soirée où il a probablement consommé du LSD. Hospitalisé pendant 8 mois, Wyatt qui a définitivement perdu l’usage de ses jambes dans cet accident stupide, se met à composer l’un des albums les plus originaux de l’histoire du rock (du rock ?). Inclassable, la musique proposée par Wyatt se révèle complexe dans la superposition des différents instruments mais offre des mélodies lisibles et d’une grande sensibilité. Portée par une voix indéfinissable, parfois enfant parfois vieillard, on ressent au contact de cette musique un mélange de profonde tristesse et d’enthousiasme, caractéristique de l’ambivalence de son état d’esprit durant ces longs mois à observer un drapeau flotter au vent puis à fréquenter un vieux piano dans une salle de visite de l’hôpital. La musique y devient envoûtante si l’on accepte d’y prêter son oreille, débridée, d’une liberté tout à fait remarquable. Outre la participation de musiciens prestigieux (Mike Oldfield notamment – le compositeur célébrissime thème de l’Exorciste), cet album est également parcouru par une autre expérience existentielle qui a soutenu le processus créatif : la naissance d’un lien d’amour indéfectible entre Robert Wyatt et Alfie (Alfreda Benge), l’ange à son chevet qui allait devenir sa femme jusqu’à aujourd’hui. Ce disque, c’est l’histoire d’un homme brisé, stoppé dans son élan pour être cloué sur un fauteuil… mais paradoxalement devenu libre.

Produit par Nick Mason, le batteur du groupe mythique Pink Floyd, la prise de son révèle beaucoup de nuances et réussit à retranscrire les nappes sonores qui cohabitent dans ce chef d’œuvre d’émotion (écouter successivement Alifib et Alife). On sent l’époque, la présence de l’artiste et des musiciens, l’émotion et la quête de liberté d’un homme, de toute une génération dans ce disque qui s’écoute d’une traite pour en ressentir toute l’amplitude.

Robert Wyatt et Alfreda Benge le jour de leur mariage…et de la sortie de Rock Bottom !

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