Dire Straits

On every street

  • localisation dans la discothèque : D
  • prise de son : excellente
  • livret : paroles, infos musiciens

Le commentaire de “la possibilité du son”

« Dans la dèche » : c’est la traduction de Dire Straits, ce groupe britannique des années 80 que tout le monde reconnait au hasard d’une chanson à la radio présente dans son inconscient collectif. Si en 1977, les membres fondateurs du groupe qui voulaient vivre de leur musique ont probablement connu un certain dénuement, Dire Straits, au jour d’aujourd’hui, a vendu 120 millions d’album et rempli des stades comme aucun autre groupe à l’échelle du globe.

On every street, leur ultime album, sort en 1991 après 5 ans de silence. Epuisés, les musiciens se remettent difficilement de leur tournée de 248 concerts à travers le monde entre avril 1985 et avril 1986 et font une pause. Mais en 1990, certains membres de la formation se décident et retournent en studio pour ce nouvel enregistrement. On retrouve alors la recette qui a fait leur succès, une alternance de phrase chantée et de solos de guitare magistralement effectuée par l’unique compositeur, le guitariste et chanteur Mark Knopfler. Pierre angulaire de Dire Straits, ce musicien n’a jamais dérogé à sa recette intemporelle héritée du blues ni à son jeu si singulier. En effet, Mark Knopfler joue sans médiator et le contact des doigts sur les cordes fait sonner « analogique » une partition virtuose et délicate. La qualité des albums vient de cette grande élégance du jeu, de lignes mélodiques simples et efficaces qui nous entrainent, ainsi que d’un certain sens du collectif dans la mise en œuvre. L’atmosphère qui se dégage à l’écoute invite à prendre la route, les chansons énergiques provoquent l’inévitable « foot tapping » et les pièces plus calmes permettent d’apprécier des timbres sublimés voire de la beauté, celle d’une esthétique unique.

On est en 1991, On every street marque la fin d’un modèle à l’image de la fin de l’album qui est peut-être un peu plus faible (les huit premières chansons sont extraordinaires). Né en pleine période punk et disco, l’alchimie Dires Straits a traversé les années 80 en s’affranchissant toujours des influences de leur temps pour tracer leur route. Et cette route, mythique, s’arrête en 1992.

One every street, c’est ma première K7 achetée dès sa sortie. Un album dans lequel les musiciens ne veulent pas tout casser, où ils permettent au nihilisme propre à l’adolescence de s’effacer pour percevoir la beauté, voir la possibilité d’un avenir. Dire Straits participe à mes premiers émois musicaux sur un support K7 bien crade, mais écoutée en boucle. Au gré de mes pérégrinations, la nostalgie m’a fait craquer sans conviction pour la version CD… et ce fut une révélation ! Une fois la galette de polycarbonate glissée dans le lecteur, les sensations vécues à l’époque réapparaissent, décuplées par une prise de son exceptionnelle, aérée et tridimensionnelle. La maturité de l’âge adulte raisonne avec la grande maîtrise des musiciens et la joie d’être triste est subjuguée, comme fondue dans un son d’une propreté rare (on pense aux enregistrements du Label ECM) sans jamais donner l’impression d’être aseptisée. Le son de cet album, c’est l’archétype de la délicatesse au service d’un jeu raffiné, un album ultime, Mark Knopfler ne voulant plus entendre parler de Dire Straits après la tournée qui suivi la sortie du disque.

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